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EDF à Saint-Denis Pleyel
EDF à Saint-Denis Pleyel

JB.LEVY, Président d’EDF, soutenu par E.MACRON, Ministre de l’économie, peut-il avoir raison contre tout le monde ? En voulant conclure dans les plus brefs délais le contrat des 2 EPR sur le site britannique d’Hinkley Point, avec un engagement de plus de 23 milliards d’euros, dont EDF assumerait tous les risques… alors que les organisations syndicales ont lancé une procédure d’alerte et que le directeur financier Thomas Piquemal a démissionné pour souligner les risques encourus…

Télégchargez le tract recto/verso complet au format PDF

EDF devrait assumer tous les risques ?

Selon un rapport publié le 10 Mars, la Cour des Comptes s’alarme de ce projet qui mettrait en péril les finances d’EDF et même les finances publiques. Les clauses de garanties ne sont pas claires : « l’expérience des retards de mise en service de centrales de Olkiluoto (Finlande), de Flamanville et de Taishan (Chine), peut évidemment susciter des interrogations quant à la capacité du projet Hinkley Point à tenir les délais…Or si le coût du chantier dépassait le montant prévu, le surcoût serait à la charge d’EDF et de ses partenaires minoritaires, alors que, du fait du mécanisme prévu par le contrat, EDF verrait ses profits plafonnés, au bénéfice des consommateurs britanniques, en cas de surperformance » (*).

En cause : une politique internationale désastreuse

La Cour des Comptes critique tardivement la politique d’expansion internationale hors de prix menée depuis les années 2000 par le groupe. Là est essentiellement la cause de l’affaiblissement financier d’EDF. 2008 : prise de participation dans le groupe américain Constellation et rachat de l’électricien britannique British Energy. Echec coûteux, la montée en capital de la compagnie américaine, alors quasi en faillite, a reçu l’approbation de l’Etat français. Bilan : « l’opération Constellation Energy aura coûté environ 6,7 milliards de dollars au 31 décembre 2014, dont près de 5 milliards pour l’acquisition »(*). Pour British Energy : « L’OPA a été réalisée dans des conditions financières très défavorables pour EDF… »

Qui supporte l’endettement ?

Ces opérations ont été quasiment entièrement financées par endettement. La dette financière d’EDF est passée de 16,3 milliards d’euros en 2007 à 24,5 milliards en 2008, pour atteindre 41,1 milliards en 2009. Les traces de cette folle politique d’expansion restent au bilan, d’autant que s’il existe la filiale EDF International, EDF France continue de porter une partie de son endettement.

Pour quel résultat ?

Ces opérations ont consommé plus de trésorerie que d’investissements utiles. JB.LEVY peut afficher sa satisfaction sur l’EBITDA, les résultats d’exploitation ou de rentabilité opérationnelle, sont en baisse. Or, malgré le contexte défavorable, EDF continue de verser des dividendes élevés aux actionnaires, dont le 1er d’entre eux l‘État.

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(*). Extrait du rapport publié par MEDIAPART article du 12/03/2016 www.mediapart.fr

REFUSER D'HYPOTHÉQUER L'AVENIR ÉNERGÉTIQUE

Plus de sacrifices demandés aux salariés-es du groupe

La direction d’EDF inscrit dans son plan moyen terme 2016-2019, une diminution de 6% des effectifs, la stagnation des salaires, le forcing pour imposer le forfait jours à EDF SA. Elle veut financer les nouveaux investissements par de multiples cessions /privatisations (RTE ouverture du capital à 50%, concessions hydrauliques)… Or le dynamisme industriel et la sûreté dépendent de la préservation et du renouvellement des ressources qualifiées.

Qui doit rendre des comptes ?

Les directions Générales d’EDF successives depuis 15 ans, dont la responsabilité est écrasante. Les gouvernements successifs et l’Etat principal actionnaire qui a donné son accord sur ces opérations hasardeuses, tout en se désintéressant de la stratégie internationale du groupe à 85% public. « La préoccupation majeure de l’Etat actionnaire a été que le groupe continue à servir un dividende substantiel, malgré une situation fragile et même au prix d’un surcoût d’endettement », dénoncent les rapporteurs de la Cour des Comptes.

Orientation libérale incompatible avec les enjeux

Le groupe est aujourd’hui lourdement endetté alors qu’il doit faire face aux responsabilités d’investissements indispensables : maintenance du parc nucléaire pour améliorer la sûreté et prolonger sa durée de vie (55Mds euros sur 10 ans d’ici 2025).

Sans compter son investissement dans les énergies renouvelables, le réseau et les services d’efficacité énergétique. Ceci dans un contexte de surcapacité et de baisse du prix de l’électricité (baisse qui ne se retrouve pas au compteur des usagers).

Cette stratégie opaque au détriment des intérêts nationaux et de la transition énergétique, s’est accélérée dès le changement du statut de l’entreprise publique en Société Anonyme. Elle est dans la droite ligne de l’orientation libérale du rapport Roussely de 2002.

L’État ne peut se dégager de ses responsabilités d’actionnaire principal. Les enjeux de sûreté et d’avenir énergétique, ne peuvent se définir hors d’un débat d’orientation à l’Assemblée Nationale. Depuis la loi dite de transition énergétique, le contexte négatif s’est accentué.

Après la fragilisation d’AREVA, qu’y a t-il derrière le soutien du gouvernement VALLS/MACRON à une stratégie qui hypothèque les moyens industriels et humains de la sûreté ? Utiliser les conditions économiques pour favoriser la privatisation ou le financement privé de l’électronucléaire ?

Cette orientation libérale est incompatible avec l’enjeu universel de l’énergie et de la sûreté.

EDF mise en DANGEREDF mise en DANGER
Tag(s) : #EdF, #Saint-Denis, #Pleyel, #Débats, #Salariés, #PCF-FDG

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